C'est vrai qu'à l'époque il y avait beaucoup d'abus. Qu'en est-il aujourd'hui? On dirait que l'exploitation des travailleurs est plus subtile. Prenons l'exemple des offres d'emploi. Pour un poste affiché, il n'est pas rare qu'il y ait plus de 250 candidats. Tout récemment, un ami a été sélectionné pour une entrevue. Sur place, ses tests ont été qualifiés de très bons, il avait confiance. Il a attendu des nouvelles qui ne sont jamais venues. Rien.
J'ai une amie devenue experte dans l'art d'envoyer son CV, très bien garni, merci. Dévouée, travaillante, jolie, un français écrit et parlé impeccable. La plupart du temps, on n'accuse même pas réception de sa candidature. Il y a deux mois, surprise! Un rendez-vous téléphonique est fixé pour une entrevue à 9h le matin. Elle a attendu en vain. Elle me dit: que les gens sont rustres! C'est inconcevable comment les employeurs traitent les candidats. Aucun respect.
Pour ma part j'ai eu un emploi syndiqué une fois dans ma vie. Depuis j'ai choisi le statut de pigiste. Peut-être pour prouver à mon père que je n'avais pas besoin du syndicat. Je suis contente de mon parcours. Mais je dois dire que j'ai connu des patrons, en fait une majorité, qui invoquaient régulièrement un manque de budget pour me payer à la hauteur de mes compétences. Ce qui ne les empêchait pas de se pavaner en Porsche. J'ai multiplié les piges, souvent jusqu'à quatre en même temps, pour réussir à bien gagner ma vie.
Maintenant, à l'ère des médias sociaux, des sites web, les employeurs ont encore le beau rôle. Ils font les revenus grâce aux créateurs de contenu. Sauf quelques très rares exceptions qui réussissent de façon autonome à créer leur propre business.
Alors que Michel Chartrand vient de mourir, si vous connaissez un patron généreux, présentez-le moi et je tenterai de dresser son portrait.
