Affichage des articles dont le libellé est animateurs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est animateurs. Afficher tous les articles

vendredi 13 janvier 2012

La radio qui me parle


À l'adolescence, au retour de l'école, j'écoutais l'émission ¨Le Clan¨ à la radio CKTR de Trois-Rivières. J'étais membre du fan club et je participais aux concours. Un de mes poèmes avait même été lu en ondes! À 18 ans, j'étais au micro, en tant que Zouzou, avec l'animateur du matin. Puis j'ai lu les nouvelles, été affectée aux reportages judiciaires tout en poursuivant mes études. Dans les années 80, j'étais productrice déléguée des émissions de jour à CJMS, Montréal en plus d'assumer la réalisation quotidienne du "RadioCafé Provigo". Aussi bien dire que la radio et moi, sommes un vieux couple d'amoureux. Mais de plus en plus, j'ai de la peine pour ma douce moitié.

Il me semble que la radio est de plus en plus malmenée, mal dirigée et qu'en voulant la faire compétitionner avec la télé, les nouveaux médias et les I Pod, elle en perd son identité. Sans parler de la concurrence normale entre les stations de radio, qui sont prêtes à changer de son à chaque saison.

La radio que j'aime est celle qui me parle, tant par les propos des animateurs que par son choix musical. La radio qui me tape sur les nerfs engage des animateurs qui parlent pour ne rien dire, déplacent l'accent tonique, articulent mollement sans oublier les fautes de français à profusion. Et le pire: les animateurs qui lisent en ondes. C'est clair qu'ils ne me parlent pas!

C'est connu que le nerf de la guerre est la cote d'écoute. Un auditeur fidèle, qui revient jour après jour est payant pour les gestionnaires de la radio. Mais pour accroître la cote d'écoute, les dirigeants des radios ne cessent de faire des changements à leur antenne! Il y a là un paradoxe évident. Mais qu'est-ce qu'un auditeur cherche? Des repères. Une radio dans laquelle il se reconnaît, qui accompagne ses habitudes de vie, à la maison, en voiture, la semaine comme le week-end. Une radio qui le réconforte, une présence chaleureuse voire amicale. Une voix au timbre plus bas que haut, avec les bonnes intonations, au vocabulaire varié. À quoi ça sert d'écouter une série de clichés répétés sur le ton du "Je me moi qui sait tout" ? Il n'y a là aucun partage avec l'auditoire. Pour me parler, il faut avoir des choses à me dire, un contenu pertinent et court, une information qui m'interpelle, m'interroge ou me divertit.

Alors que la musique est disponible partout en ligne, qu'est-ce qui reste à la radio? Les animateurs! Ce sont eux et elles qui font la différence. Peu importe l'offre en contenu, si elle est mal livrée en ondes, la radio perd plus que des auditeurs. Elle perd son âme.