
C'est le titre du plus récent film de Jean Becker, d'après le roman de Marie-Sabine Roger , mettant en vedette Gérard Depardieu et Gisèle Casadesus, qui a célébré ses 96 ans en juin.
C'est un beau film, avec une belle histoire, populaire dans le sens noble du terme.
Tout comme la terre, une tête en friche est une tête non cultivée, qui n'a pas développé ses dons. C'est le cas de Gérard, qui déjà à la petite école, était plus lent que la moyenne. Dans son village, il fait toutes sortes de petits métiers, cultive un potager et il va souvent au parc le midi, observer les oiseaux. Il y fait la rencontre d'une vieille dame, Margueritte et il s'assoit sur le banc à côté d'elle. Au fil des jours, elle lui lit à haute voix des extraits de romans. Elle, une érudite, voit en lui sa sincérité, son malaise face à son inculture et plus que tout, son envie d'apprendre. Grâce à elle, Gérard va non seulement apprendre à lire mais comprendre le sens des mots. Margueritte lui donne un dictionnaire en lui disant " avec un dictionnaire on voyage... d'un mot à l'autre. On se perd, comme dans un labyrinthe, on s'arrête, on rêve". Gérard va découvrir la magie des livres dont il se pensait exclu à jamais. Et cela va changer sa vie!
C'est un film très touchant. Gérard Depardieu ne joue pas, il est plein de candeur et de tendresse. Après l'avoir vu, on a vraiment le goût de la lecture, envie de dévorer tous les livres et on se met à rêver. Si il y avait plus de Margueritte dans la vie, il y aurait moins d'analphabétisme et de manque de communication.
Pour ma part, les mots ont toujours été mes amis. Avec eux, j'ai gagné ma vie. Ils m'ont permis de lire et d'écrire des lettres d'amour, parfois consolée. Ils m'aident surtout à voir clair en moi. Et je cite Gilles Vigneault qui a dit hier au lancement du livre de mon amie Mia: "un mot mis en terre peut devenir un arbre".
